Billets d'humeur

Le Baiser du jeudi

Ils ont dansé ensemble sans même se rendre compte que les morceaux, à chaque fois, se terminaient. Ils repartaient de plus belle à chaque fois.

Ils ont dansé ensemble sans même se rendre compte que les morceaux, à chaque fois, se terminaient. Ils repartaient de plus belle à chaque fois. À chaque fois, les mains liées, comme par un désespoir incertain et implicite, ils valsaient. Balles rebondissantes de la dernière heure. Lui, il l’a embrassée ce jeudi-là, pour la première fois (dernière fois ?). Son baiser était si doux. Il lui a caressé la joue, dans le bar, et c’est comme s’ils étaient seuls, que personne ne regardait, INVISIBLES. Quand elle y repense, à présent, elle prend la mesure de ce geste, toute son importance et sa violence à la fois. Les conséquences irrémédiables de ce baiser.

Peut-être ne la reverra t-il jamais… Et alors ? Aucun regret pour lui, il tente, c’est tout. Il tente de la conquérir par un sourire jusqu’aux oreilles, mais elle est déjà conquise depuis longtemps. Ça, il ne le sait pas. Il ne sait pas qu’elle le regardait déjà au poste de secours, une kro dégueulasse à la main. Des regrets ? ILS n’en avaient aucun et lui, ne cessait de répéter qu’il n’en avait aucun. Elle, plongée dans un remord secret, une intuition que tout allait barder.

Rien d’eux, ils ne savaient. Rien en commun, ils n’avaient. Ils étaient persuadés que ce moment-là, dans la tempête, éclairés par l’allogène du poste de secours, ce moment-là, il était unique et qu’il fallait en profiter.

Ils auraient sans doute dû aller plus loin. Ça les aurait peut-être refroidi. Mais ce goût d’inachevé n’a t-il pas un charme fou ?

Ils sont restés habillés, accrochés à leurs vêtements qui les rassuraient. C’était comme une seconde peau qui cachait tout le reste, qui cachait leur émoi, qui cachait la faille, la blessure latente qui les guettait.

Ils sont restés habillés.

Ils auraient dû faire l’amour, car ils ne se reverraient peut-être jamais, mais non. Ils parlaient comme s’ils allaient se revoir le lendemain, que c’était évident, que ça allait durer. Mais elle, prendrait le train le lendemain matin, à la première heure. Et puis alors ? Tant pis, c’est sûr qu’ils se reverraient. Les amourettes de vacances, c’est bien connu, ça dure tout ça…

Beau roman, belle histoire, comme il y en a dans toutes les chansons.

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