Billets d'humeur

Cadenas

Nous, on a allumé toutes les lumières à l’intérieur pour pouvoir voir ce qu’on écrit et ce qu’on fait. Nous sommes au début du mois de mars, il fait très beau, mais rien ne semble transpercer la vitrine quasiment opaque de poussière. J’ai un peu mal aux yeux. Je n’ai pas grand-chose à faire. ON m’a mise contre la vitre, avec un vieux radiateur à mes pieds, pour que j’ai moins froid. C’est la première fois qu’il reste éteins depuis que je suis là. Un enfant et sa mère passe dans la rue, son à peine audible, comme si j’étais sous l’eau.
Oui, comme si j’étais sous l’eau. Comme si j’étais sous l’eau.

Autour de moi, on s’agite. Je m’agite aussi d’habitude, mais là, j’ai envie de faire la planche flottante, les bras et les jambes écartés dans une piscine.

Je repense à l’hiver. Je ne m’étendrai pas sur le sujet. Je ne parlerai pas de cet hiver.
Tout tourne pourtant autour de l’hiver.
Printemps, Eté, Automne, HIVER.
C’est comme une mort certaine. Ma première petite mort fut en hiver. Je m’en souviens très bien de cette fois là, car je regardais un aquarium, juste avant. Comme si j’étais déjà sous l’eau.
J’ai l’impression d’avoir fait le tour, que le cycle est fini, que les saisons vont cesser d’exister pour n’être qu’un grand hiver. C’est en hiver qu’on est pressé de rentrer chez soi le soir pour se réfugier sous sa couette. J’ai envie de ça tous les matins en me levant.
Envie d’être à tes cotés toute la journée, de te voir dormir, de pouvoir t’entendre dormir, c’est si rare. De temps en temps, j’arrive à percevoir cette faible respiration, mais ça ne dure pas, et l’anxiété renvient à la charge.
C’est aussi en hiver que les idées et le talent touchent à leur fin, c’est en hiver que les mots qu’on voudrait voler, qu’on voudrait tant coucher sur le papier, restent tranquillement dans leur tanière alphabétique.

J’ai l’impression de m’adoucir, de me courber, de me laisser bercer par un bonheur tranquille, sans vague et solide. Alors ma prose pue, sent la niaiserie. Pardon, lecteur.

C’est comme un cadenas recouvert d’une couche épaisse de neige, froide à te geler le cerveau.

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