Billets d'humeur/Un brin de poésie

Détour du côté de Saint-Lazare

À Saint-Lazare, les gens ne font que passer. Sans doute parce que je suis juste à coté de la gare. Il n’y a que dans les cafés que les gens se parlent. Peut-être à la limite devant la gare, près de la statue aux montres où les gens se demandent du feu. C’est là qu’un homme noir m’a donné deux cigarettes. C’est là qu’il m’a dit qu’il venait d’Afrique et qu’en Afrique, c’était pas comme à Saint-Lazare. C’est devant cette statue aussi, où plutôt à coté de la bouche de métropolitain que j’ai imprimé à jamais ton regard. UN regard si désespéré que sur le moment, je suis sure que tu aurais voulu t’accrocher à l’une des montres de la statue pour suspendre ce temps de rupture et ne jamais redescendre. Mais tu n’avais ni corde, ni poulie. On peut dire que ce jour là, la place Saint-Lazare et le métro se sont transformés en scène de théâtre. Nous aimions tant investir les lieux de notre haine l’un pour l’autre. Mais cette fois, comme souvent, c’est moi qui t’en ai fait voir de toutes les couleurs, en te courant après dans le sous-sol et en t’embrassant avec rage comme si c’était la dernière fois que l’on se voyait.

Mais, malheureusement, ce ne fut pas la dernière fois.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s