Billets d'humeur

Un lundi au jardin des Tuileries

Cela fait trois ans à présent.

Je me rappelle encore la façon dont j’étais habillée. Un mauvais goût très certain, se disaient sans doute les gens autour de moi. Une longue chemise saumon, un haut court jaune à froufrou et un pantalon rouge…. Ce mauvais goût, je l’ai perdu en vivant ici, comme j’ai perdu beaucoup de choses depuis, mais bien après. La révolution s’était produite au contact des hommes. Un air de Barbara me vient alors, en écrivant ces mots. Un peu comme une réincarnation. Oh ! non ! Je n’aurai pas cette prétention, mais disons qu’elle fait tout à fait partie de moi maintenant. Depuis un an. Je l’aime, la révère, l’admire. Elle est un peu Lilith, un peu Viviane, un peu Nadja, un peu toutes les femmes que j’aime. Ça fait un an et je pourrais presque fêter l’anniversaire de mon amour pour elle, et cela, presque mois pour mois. Période très sensuelle de ma vie, qui fut brève certes, mais terriblement intense. Je ne la regrette pas et la rêve parfois.

Des doigts puant la clope qui effleurent un piano noir, le parfum de celui qui m’indiffère à présent (un vrai guignole) et le vin blanc. Tout cela dans une sensualité à demi-mot, prostituée, libertine, enfantine et sacrée. Du sucre dans du café. De la pluie sur des quais de Seine glissants, une veste foutue. Des milliards de goutte, des seaux d’eau inondant ma jupe un peu bohème. Je porte encore souvent cette jupe. Si. En fait, au fond de moi, je dois regretter un peu cette période.

Mais pas pour lui. Lui, je ne le regrette pas. Son sourire, son hypocrisie, son intolérance, ses mots toujours trop forts, au dessus de toute réalité. Ces mots qui me ressemblent. Non. Je ne le regrette pas lui. Je me regrette moi. Je m’aimais moi dans cette histoire là. J’aimais ma vénalité, mes sourires, ma schizophrénie, ma candeur et ma bestialité, ma saleté, la mondaine que j’étais à travers lui. Et depuis, toutes mes actions, tous mes gestes sont aiguillonnés par rapport à cette période.

Mais cela fait trois ans à présent que j’attendais quelqu’un d’autre dans ce jardin. Ce quelqu’un n’était pas l’hypocrite dont je parle, il est un petit homme, à peine plus jeune que mon petit frère et que j’aime encore aujourd’hui.

Article écrit le 27 septembre 2007.

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