Attentes en gare/Billets d'humeur/Entre les lignes

Dans la direction de décembre

Je lis.
Quand je lis, je rougis.
Je rougis de mon ignorance. Cette ignorance de la vierge que je retrouve dès que j’ouvre un livre. Plaisir masturbatoire. Exotisme et érotisme retrouvés dans toutes les abîmes de n’importe quelle littérature sans avoir à taper le mot « cul » sur google. Et je ne pense pas seulement à Michel Houellebecq.

Je lis et c’est un plaisir plus grand encore que celui des daubes que je fume. Plaisir illusoire certes, mais sans nuire au corps, il fait du bien à l’esprit. Il l’embaume.

Je lis l’histoire d’un homme que la misère sexuelle et sociale déteint, affadit, détruit. Mais quand je lis, je pense à une femme. Comme pour Madame Bovary, on pense à un homme. Je peins cette femme, je la révère, je l’espère, je la crains, je l’ennuie, je la soupire. Hors de prix. Je pense aux femmes que j’ai aimées au fond des hommes que j’ai connus. Je pense qu’ils ont tous la sensibilité (oui, même toi !). Je pense au train qui me mène toujours à eux, jamais dans les mêmes gares de Paris, jamais dans les mêmes gares de France. Je connais toutes les gares de Paris et toujours un homme m’y a accompagnée ou m’y a accueillie.

Ça mène  à quoi tout ça ?

Et le plaisir de la lecture est le plaisir de l’attente, à chaque fois que je leur rend visite pour me faire baiser.

Billet écrit dans le train le 9 mai 2007.

 

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