Billets d'humeur/Entre les lignes

Reprise du travail

BILLET – Ce soir, je reprends le travail. Rien ne m’a tuée.
C’est toi qui m’a donné envie de reprendre le travail. Je t’ai lu, tu m’as lu, comme on venit, vidit, vicit. C’est un peu ça. Les choses ont beaucoup changé depuis la dernière fois. Le petit Chinon est devenu une pizzeria, je n’y suis plus retournée. Le club a été racheté. J’y suis retournée.

Malesherbes ne me fait plus penser à toi. Comme quoi, tout s’oublie et tout conspire à me faire oublier. Un café sans histoire, une histoire sans sucre… Tout ceci n’est pas achevé.

Il est 23h quelque chose. Je viens de te parler… Toi que je n’aimais pas. Ce bref échange m’a donné l’impression d’être une armoire vide, comme l’impression que j’ai eue, assise sur ton lit bancal à Levallois. Mais tout ça, c’était avant le drame bien entendu.

Rien ne m’a tuée. Même pas ces gens qui m’ont diabolisée. Même pas cette mère de famille que je me suis juré de ne même plus estimer. Même cette connasse aux boucles blondes avec qui j’ai ri malgré tout le weekend dernier.

Je pense encore à toi, et je ne foule plus le boulevard Montparnasse, je ne passe plus devant le bouquiniste « trop-cher-mais-pas-mal », sans penser à toi. Tout cela n’est pas possible. C’est un mauvais rêve, je vais me réveiller.

Et pourtant, je suis heureuse, là où je suis. Sur l’autre rive.

Car je crois bien que j’ai remplacé le petit Chinon. De l’autre coté de la rive. Non, je ne pourrai jamais. Toutes ces amours légères, jolies, et frivoles, je ne les trouverai pas là-bas. Je ne les retrouverai plus. Ou peut-être au cœur du septième arrondissement.

Mais en attendant adieu petit Chinon, adieu Notre-Dame-des-Champs et horloge place Vavin pas fichue de donner l’heure.

Adieu.

Je crois que j’aime encore la partie de moi envolée, il y a de cela déjà dix mois. Je vous regarde mes belles amours et j’en pleure. Juste pour rien, comme ça. Je ne suis pourtant pas à plaindre mais j’ai la nausée. La nausée de te dire et de me dire aussi que ce n’était que du vent. J’écris du vent, je chante du vent. Et assis à ton piano, tu jouais du vent, avec le plus bel instrument à vent. Tourbillon de la vie dans la salle Drouot. j’en suis repartie.

Et rien ne m’a tuée.

J’ai bien employé la pelle et le râteau, mes amours infidèles sont désormais dans la tombe.

Article écrit le 9 mai 2007.

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