Billets d'humeur/nouvelle du fond

Retour à Malesherbes

Je retourne à Malesherbes. Mais cette fois-ci, sans ton appel. La rentrée est dans une semaine, déja un an que je suis partie. J’ai le cœur serré en y pensant. J’ai envie de vomir quand je pense à Octobre. Quand je pense à Glacière et à ces débiles profonds du lycée Rodin. Ça fait un an que je suis partie. J’ai le cœur serré en y pensant. Je retourne chez mes parents.
Le peintre névrosé attend et saint-Michel est à moi. Je ne peux m’empêcher de penser à Levallois-Perret quand je franchis les murs de la fac, au salon, (dans lequel j’imagine très bien le cadavre de Baptiste pendu au lustre), au lit bancal et à l’ancien téléphone, à mon mal aise le matin, lorsque j’imaginais que c’était un autre à mes côtés. Pourquoi des lieux et toujours des lieux ?
St-Lazare, lorsqu’on se quittait près de l’escalator. Là où tous les métros se rejoignent, le non-voyant debout près du mur et Brassens en fond sonore. Ton incroyable parfum que je n’ai retrouvé sur personne d’autre. Pourquoi ce carrefour me renvoie tous ses souvenirs ? Entrecroisements de tous les sens, le carrefour de Nadja. Tous les états d’âme ne sont faits que de connections, et moi je ne veux plus de celles-ci.
Je ne veux plus voir Odéon comme un coup de cœur, le Starbuck comme une fin d’après-midi froide et délicieuse.

Je ne veux plus voir le Luxembourg comme une attente devant un foyer, ou comme un entretien autour d’un café, des allers et retours boulevard Montparnasse.

Je ne veux plus voir saint-Michel, comme le début et la fin de toutes les histoires, comme la concentration de ma vie, de mes connections. Je ne veux définitivement plus d’elle.

Je ne veux plus voir Châtelet comme le sentiment d’être encore jeune, et pourtant si bohème, aventurière, surprenante. Je ne veux plus sentir l’horrible odeur de pain au chocolat aux Halles le matin. Tous les lieux ne sont pour moi qu’un poids, un boulet de souffrance, toujours recommencé ! Pourquoi tous ces ressassements, je n’ai pas de temps à offrir à ces conneries pourtant.

J’ai l’impression que toutes les stations de la ligne 4 pullulent en souvenirs médiocres ou magnifiques que je mets pourtant au même niveau.

Les hommes aussi, ils ont tous laissé une empreinte qui me lacère, je ne les aime pas. Je le crois, bien souvent, et puis non. Alors pourquoi penser à eux me fait souffrir ? Pourquoi toutes ces balades, rien de change, ni les conversations, ni le parcours, ni moi, c’est juste la personne à coté qui change et ça me fait une belle jambe à force d’avoir mal aux pieds !

Article écrit le 1er octobre 2006.

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