Billets d'humeur

Toi, que je n’aimais pas

Il est vrai que je ne t’aimais pas. Que je n’avais pas ces papillons dans le ventre lorsque tu m’embrassais, lorsque tu me raccompagnais au foyer parce qu’il était 23h30, ou lorsque je pouvais sentir ton cœur battre quand tu dormais. Je n’ai jamais frissonné lorsque j’entendais la voix d’Amos Lee nous bercer. Et il est vrai que j’avais toujours mal au cou lorsque je me réveillais à tes cotés. Je n’ai jamais chanté Goodbye my lover en pensant à toi, alors que je l’ai chanté pour tant d’autres…

Alors pourquoi ce sentiment d’inachevé à présent ? Pourquoi ai-je l’impression de ressentir pour toi ce que je ne ressentais pas avant ? Pourquoi es-tu si beau lorsque tu me murmures que tu me trouves toujours aussi belle et que tu as envie de moi ? Pourquoi Amos lee encore et encore lorsque nous dormons ensemble ?

Désormais il n’y a plus les étincelles que je voyais dans tes yeux, il y a six mois. Et tu ne fais plus d’effort pour me séduire. Quand je marche avec toi, tu ne te retournes plus pour me regarder, tu ne vois plus ce que je suis, tu ne vois que mes seins lorsque je me penche pour t’embrasser. Et pourtant tout est presque pareil. Ce n’est plus le même appartement, plus la même ville. Nous voila à Paris. La cuisine est plus petite, et tu vis seul. Mais tout n’a pas changé. Tu n’as plus rien en toi qui te ressemble, mais plus je vieillis et plus je te ressemble. je finirais vieille fille, comme tu deviendras vieux garçon.

Pendant que tu chantes pour la mort de ton ami, tu oublies avec tant de délicatesse les morceaux que tu avais composés pour moi, et moi j’écris pour te dire que je ne t’ai pas oublié. C’est drôle, je mourrais sans doute à rester près de toi. Je finirais peut-être pendue, la gueule anesthésiée par six grammes de cocaïne. Pas de mot d’adieu, trop cliché, trop ringard, mais la bouteille de rhum à coté, à mes pieds. Le corps inerte dans un appartement empestant le mort de trois jours, la merde et la charogne. Enfin tu vois ce que je veux dire, j’ai toujours cru en cela. Et je suis sûre d’une chose : je l’ai entendu l’avant dernière fois, lorsqu’il marchait près de ton lit, de ton coté. Je l’ai entendu s’écarter brusquement pour aller dans la pièce d’à côté. Fantôme amical. Et ce n’était plus à Levallois-Perret.

Tout était plus difficile, il y a six mois. Et pourtant, tu es sans doute le seul pour qui je pourrais être fidèle.

Tu me ferais voir tout paris sur ton scooter surpassant tous les autres, tandis que je jouerais l’effarouchée et me blottirais contre toi… Pégase. Et je croirai à tes salades quand tu me diras que tu es sorti avec tes copains la veille.

When he wakes me, he takes me back home…

Article écrit le 18 août 2006.

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Une réflexion sur “Toi, que je n’aimais pas

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