Un verre entre copines/Uncategorized

La fontaine saint-Michel, rendez-vous éternel

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Le printemps est pourri, malgré sa jeunesse, sa candeur, ses tâtonnements frêles et enfantins. L’été n’est pas venu. On a loupé le coche.. CA IRA MIEUX DEMAIN.  Clichés. Toujours la même chanson, cette chanson que j’ai connue, il y a un an, me revient en esprit. Je la dansais pour la première fois avec lui, puis lui, puis lui. La valse de mes amoureux m’épuise, pourquoi ne pas s’asseoir sur une chaise avec un bon verre de vin ?

« Now he ‘s gone, I don’t know why… until this day sometimes i cried… »

Diable ! Que cette chanson est drôle ! I shot you down ! Les rapports amoureux sont si drôles, tous les mêmes. Sans surprise. On connait tous la prochaine étape, on la connait par cœur. Un café, deux cafés, trois cafés, un restaurant, deux restaurants, un cinéma et puis tu viens chez moi ! Douce valse cyclique, régulière, comme un ruisseau, même eau, même puissance, même clarté, même musique, ce lourd refrain de nos faubourgs que nous aimions tant chanter.

Down Down Down. My baby… rit aux éclats ! My baby shot me down, my baby est reparti, my baby is étendu sur le sol, ses ailes de géants l’empêchent de marcher. Semblable à l’Albatros, qui est l’Albatros ? Sans doute moi, tout compte fait.

Estimons-nous heureux qu’il ne s’agisse pas cette fois ci d’une histoire d’Adolphe. Bien malheureux fut cet homme là, sa bien aimée aussi, et puis un petit tour et puis s’en va.

Down Down Down.

Tu joues au mort, à mon tour ! Tu te relèves ! A mon tour ! A présent tu pars, et je suis étendue là… non, c’est toi… Les clochent sonnent, mais elles ne sonnent que pour ta mort, bel étranger, I shot you down bang bang, mais cela devait être pour du faux !  La basse résonne et te tambourine les tempes. C’est pas la version originale. Down down.

Obiter Dictum : souvenir de saint-Michel, avec toi, avec toi, avec toi, avec eux, avec elles !

Quais de seine. nous regardons les péniches. Que pensent tes parents de moi ? M’apprécient-ils ? Écoutent-ils France Inter ? Votent-ils pour les Verts ?

Jure moi fidélité.

On se mariera le 6 janvier. Oui, oui. Rupture à Saint Michel, étreinte près de la bouche du métropolitain. Quais de seine, nous revoilà : va t-il sauter ? « Tu comprends, ça ne peut plus durer… on est dans l’impasse » (merci à Victor des Feux de l’amour pour avoir su toujours trouver les mots et alimenter mon discours amoureux).

Le 6 janvier est passé et rien ne s’est passé, juste un petit texto pour dire qu’on ne s’oublie pas.

Ma prose est un ruisseau à la mémoire de tes belles boucles brunes. Premier baiser à saint-Michel. Je te veux, je ne te veux pas. Quand on veut, on peut, je te veux, je peux ? «Il est encore un peu tôt pour moi, je viens tout juste de sortir d’une histoire difficile» (merci encore à Victor). Second Baiser, un peu hésitant, un peu tremblant, vous voyez ce que je veux dire, ce n’est pas le baiser frimeur qui en jette. On laisse ça aux exhibitionnistes ! « À très bientôt » (souvenir du discours sur les pigeons de Paris à Vavin, et merci pour la pomme de terre au petit Chinon, elle commençait à germer dans  ma chambre, je l’ai jetée, oups !)

Rendez-vous devant la fontaine, va t-il me reconnaitre ? Comment est-il ? Je ne devrais pas faire ce que je suis en train de faire ! Aura t-il des fleurs (un peu ringard obiter dictum) ? Café du coin ( le même qu’avec Julie). Je m’ennuie. Je ne devrais pas être là. Beaucoup trop vieux pour moi. Damian Marley m’attend à Montmartre… J’ai hâte d’y être. Sachez user du hachich avec plaisir et malice… Ce qui n’était pas le cas de tout le monde dans cette salle.

Une péniche. Des cigarettes roses, des verres d’eau et de vin blanc.
« Que veut dire ce panneau sur le pont, à ton avis ?
– C’est peut-être pour signaler que le bateau doit passer par là !
– Demandons au serveur. Monsieur, que veut dire ce panneau s’il vous plait ?
– Il indique que c’est le plus petit pont de Paris »

Blague de Stéphane : pour monter sur un bateau, il faut avoir son permis bateau ! (ce n’est pas exactement ce qu’il a dit, car sur le moment, cette phrase m’a fait rire aux éclats) « J’adore les épaules. Pourquoi es-tu si froide ? Tu as de belles épaules pourtant. » Tempête, orage, pluie, nous sommes rentrés trempés ! C’était il y a un mois, le venin ne s’était pas encore invité dans notre lit. La charogne n’était pas charogne et tout n’était que fraicheur et légèreté. Une petite cantate SI DOL DO FA, cette petite cantate était mieux quand c’était toi…

Mais le printemps adorable a perdu son odeur, il est pourri, malgré sa jeunesse, sa candeur, ses tâtonnements frêles et enfantins. Mon amant de saint-Jean n’a fait que passer. Seule, à mon piano, sans alcool, ni sourire, je chante le Tourbillon de la Vie.

Puis hier, rendez-vous à la fontaine avec Julie. Je n’accorde qu’une danse à ses hommes, mais elle, elle est là, à côté, me regarde et me tient une main. Pendant que l’autre est posée sur l’épaule de mes fidèles. Je pense à ce vieux sans-abris. Il trainait un énorme sac, père Noël des trottoirs. « Je vends des sandwichs, j’en ai trop, vous en voulez un ? » Non merci. Oh ! Quand même on aurait pu faire un effort, il avait l’air si gentil. « Tenez Monsieur, un euro » «Merci, prenez un sandwich». J’ai pris le sandwich qui m’a tout de suite rappelé ce fameux poème de Baudelaire, et je lai posé contre le mur sur un gâteau.

Revenons à hier soir, j’attends Julie, il y a beaucoup de vent, un début de pluie. on entre dans le premier café. On parle de tout et de rien, mais surtout de tout. bien sur nous évoquons notre petit coté m***********, et puis notre gout prononcé pour le ******, et surtout notre vision générales des *******. Il est inévitable de parler de vous… et voila qu’un brin de nostalgie s’élève. Je m’avance vers le serveur : « pourriez-vous, s’il vous plait, me donner un ***** ? »
– Ne voulez-vous pas plutot mon numéro de téléphone ? (À l’époque, Facebook n’existait pas)
Je ris, il rit.
– On verra au moment de l’addition… »

Le fou rire au moment de l’addition, ma Julie n’a absolument aucun prix.

Article écrit le 30 mai 2006.

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