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Autopsie d’une semaine avec lui

CC ejouv

J’ai toujours mal au cœur en voiture, dans leur voiture comme dans la tienne. L’odeur du tabac froid me prend aux tripes… Joséphine qui parle de Ségolène, et de la marche du monde, Patrick qui pense qu’elle n’a fait qu’écarter les cuisses (ça vous choque ?). Concorde, Invalides (petite pensée pour l’avenue de Breteuil qui m’indiffère quelque peu en vérité), École Militaire, et direction Luxembourg. Arrivée au Foyer, je te vois demain.

Mardi matin, réveil 7 heures. Je suis en forme, mais pourquoi ? C’est bien rare… Cours de droit constit, pas très concentrée… cours de droit civil, à bientôt cher Monsieur Lecuyer, fumeur, marié, sans enfant (je crois ?), orateur et charmeur (quoi d’autre ?). Je vous verrai peut-être l’an prochain et vous me tiendrez à nouveau la porte du deuxième étage sous les rires éclatants d’Elodie.

Enfin. Gare Montparnasse. seule sur le quai 20 (si mes souvenirs sont bons… mais ils sont bons).  Comme l’an dernier, mais je n’attends pas la même personne, je t’attends toi et j’en suis d’autant plus heureuse. Avec mon livre Le Peintre et son modèle je rêve à cet été, mais là encore pas très concentrée, au gris préfère la couleur et le peintre sera bel et bien rouge, et son modèle vert. Mais passons, tout ceci voudra bien attendre la fin de mes examens. Le train arrive, je t’aperçois, je t’embrasse et te serre dans mes bras.

Petite ellipse, puis café au petit Chinon, avec LUI. Lui qui rit à mes spirales et à mes rires…

Bon parfait pour le petit Chinon ! « Travaillez bien les enfants ! Savez-vous que je fus un ami de Dalida, elle venait souvent ici, au petit Chinon… si, si, je vous jure ! », nous gratifiait toujours le patron avant que nous partions.

Il me raccompagne au foyer, mais pour quelques heures seulement, avant de me conduire à Montrouge.

Mais voilà que je pense à lui, et que ma prose est bancale, elle bégaie, elle ne trouve pas ses mots. Ma prose sent bon la maladresse, la candeur d’une enfant, elle fait tout mal, et ne s’exprime pas.

Et quand je pense aux baisers que nous nous échangeons, le frôlement de nos lèvres et la douceur de sa barbe de trois jours, je ne peux m’empêcher de me dire que l’alcool dans mon verre n’y est pour rien, et que je suis bien avec lui, sans artifice.

Mes pensées dérivent vers une nuit, une douce valse que je ne maîtrise guère, et qu’il me faut encore travailler avec persévérance. Cette femme qui est arrivée dans la salle des ventes, cette femme que je ne suis pas, que je n’arrive pas à suivre, tant le rythme des notes m’est étranger. Elle pleure mais je me suis arrêtée et je l’attends, lui, dans un vieux lit cassé en bois de palissandre. Elle, elle ne m’attend pas et la valse continue au gré de ses doigts. Il cherche encore, on dirait. Elle, lui, la femme, l’enfant, se perdent dans le tourbillon de la vie, qui n’est pourtant pas si troublant pour nous !

Une petite pause clope, plus de musique, juste un grand appartement aux fenêtres ouvertes et une petite cantate qui revient. Cette petite cantate si sol do fa, que nous achèverons, par une étreinte dans un lit non encore parsemé de cendres que j’aurais faites voler. Non encore inondé d’une marée rugissante.

J’écris mieux sur les choses révolues, et je n’ai pas tellement envie de bien écrire sur toi, même si tout est voué à la destruction. Philosophie bas de gamme mais mienne: l’homme détruit ce qu’il a construit, et produit un éternel recommencement, le mythe de Sisyphe n’est pas un mytho… tel l’enfant après avoir construit, érigé, élevé le plus beau des châteaux, trouvera un malin plaisir à rendre au sable ce qui lui appartient. Rendre au vide ce qui lui appartient. Mais passons, car pour l’instant le train n’est pas arrivé en gare et il ne faut pas encore employer la pelle et le râteau , le printemps adorable n’a pas perdu son odeur !

Article écrit le 17 mai 2006

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Une réflexion sur “Autopsie d’une semaine avec lui

  1. Pingback: Le petit Chinon | Le Café littéraire de Nadja

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